10 avril 2019

Fusion des Régions : Le constat d’un processus laborieux

Nathalie Fontaliran
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Collectivités

La Loi NOTRe de 2015 a ramené le nombre de Région de 22 à 13. La Nouvelle Aquitaine est ainsi le fruit de la fusion de l’ex Région Aquitaine, de l’ex Région Poitou-Charentes et de l’ex Région Limousin.

Région la plus grande de France, la Nouvelle Aquitaine compte aujourd’hui près de 5,8 millions d’habitants et pilote désormais de grandes politiques publiques d’aménagement du territoire et de développement économique.

Mais 3 ans après la fusion, le bilan est sévère et le constat cruel : les charges de personnel sont plus élevées en Nouvelle Aquitaine que sur l’ensemble des Régions, l’endettement de la région à exploser et la fiscalité s’est alourdie. La conséquence directe de l’augmentation de ces dépenses de fonctionnement est la baisse des budgets dédiés au développement rural, à l’aménagement du territoire et au développement économique.

A cela s’ajoute un processus laborieux d’harmonisation dans les dispositifs d’aide et la mise en place de règlements d’intervention uniformes sur l’ensemble des territoires ne traduit pas aujourd’hui d’une volonté de la majorité régionale de gérer de manière courageuse et ambitieuse la Nouvelle Aquitaine. En effet, les dispositifs sont lourds, complexes, opaques et sans lisibilité. C’est un véritable parcours du combattant pour les entreprises, les collectivités ou les associations pour vérifier l’éligibilité de leur projet à l’aide régionale.

Par ailleurs, les élus sont peu ou pas associés à la mise en place des politiques contractuelles et la Région devient ainsi le premier échelon des collectivités où l’administratif à autant de pouvoir. Certes les élus votent ces dispositifs, s’obtiennent ou formulent leur opposition mais ils leur sont communiqués souvent tardivement et ces dispositifs régionaux ne sont pas le résultat d’échanges d’idées où la voix des différents formations politiques pourrait avoir tout son sens.

Aucun des 183 élus qui composent l’assemblée régionale ne peut dire « je connais tous les dispositifs d’aide ». On a donc nécessairement perdu en efficacité, en transparence et le lien indispensable entre le Conseiller Régionale et son territoire existe mal.

Cette organisation mise en place par la majorité socialiste au sein de la Région Aquitaine est archaïque et ne place donc pas la Nouvelle Aquitaine dans des perspectives de développement à hauteur de ce qu’elle pourrait prétendre.

Enfin, si l’objectif était de donner plus de force et de cohérence à cet échelon administratif à l’image des Lander allemands dans le cadre d’une vision européenne des régions, elles n’ont pas acquis la puissance qui pourrait leur permettre de peser dans le concert européen : la Région Nouvelle Aquitaine ne fait pas exception à ce constat par manque d’ambition de la majorité.